En ce début d'année 2026, une étude conjointe menée par l'Association des Sociétés Financières (ASF) et la Fédération Bancaire Française (FBF) met en lumière une frilosité générale des ménages français à s'engager dans de nouveaux emprunts. Ce sentiment de prudence est principalement alimenté par une confiance en l'avenir qui s'est considérablement érodée, influençant directement la décision de s'endetter. Les données de l'Observatoire des Crédits aux Ménages (OCM) confirment que les intentions de contracter des crédits sont actuellement à leur niveau le plus bas. Les emprunts immobiliers sont particulièrement affectés, avec seulement 2,8% des ménages envisageant d'y recourir, un chiffre légèrement inférieur à celui des crédits à la consommation (3%). Cette tendance reflète une dégradation perçue de la situation financière des ménages l'année précédente, accentuée par une incertitude croissante quant au pouvoir d'achat.
Cette prudence des ménages a pour conséquence directe une augmentation significative du taux d'épargne. Face à l'incertitude économique, les Français préfèrent mettre de l'argent de côté, le taux d'épargne atteignant 17,9% au quatrième trimestre 2025, un des plus élevés en Europe selon l'Insee. Bien que cette propension à épargner puisse être perçue positivement par certains économistes, comme Michel Mouillart, qui y voit une réduction des risques de surendettement, elle freine également des investissements cruciaux. En effet, le crédit est un levier essentiel pour financer des acquisitions importantes telles que des véhicules moins polluants ou des travaux de rénovation énergétique des logements. L'enquête révèle que la proportion de ménages détenant un crédit est au plus bas depuis 1989, et un ménage sur sept estime que les charges de remboursement sont « élevées ou beaucoup trop élevées », une proportion en constante augmentation depuis 2020.
La situation actuelle, marquée par une grande prudence des ménages vis-à-vis du crédit, souligne l'importance d'un équilibre entre sécurité financière et dynamisme économique. Si l'épargne est une vertu, le crédit responsable est un moteur de progrès, permettant aux individus de réaliser des projets de vie et de contribuer à une économie plus durable. Encourager une reprise de la confiance et une meilleure perception de l'avenir est fondamental pour stimuler l'investissement des ménages dans des secteurs clés comme l'immobilier et la transition écologique.