Face à une régression notable de l'activité au sein de l'artisanat du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP) au premier trimestre 2026, situation aggravée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, la Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB) a dévoilé une série de propositions. Ces quinze mesures, adressées aux ministres concernés, visent à redynamiser le secteur. Réélu à la tête de l'organisation pour trois ans, Jean-Christophe Repon met particulièrement en avant l'instauration d'un taux de TVA réduit pour l'ensemble des projets de rénovation, arguant de son potentiel à relancer efficacement l'économie du bâtiment et à protéger les entreprises artisanales.
Lors de sa réélection, le président de la CAPEB, Jean-Christophe Repon, a exprimé une certaine frustration face à la communication gouvernementale, notamment concernant les ajustements de « MaPrimeRénov' ». Il a ironisé sur le fait d'avoir appris ces évolutions par voie de presse, soulignant que de telles décisions prises de manière abrupte sapent la confiance nécessaire au développement des projets de rénovation. Cette déclaration est intervenue alors que les premières conséquences du conflit au Moyen-Orient sur le secteur de l'artisanat du bâtiment étaient révélées.
Le premier trimestre 2026 a été marqué par une baisse d'activité de 1,5 %, un chiffre qui contraint la CAPEB à revoir ses prévisions initiales de stagnation. Cette régression s'inscrit dans un contexte difficile, après des reculs de 3,8 % en 2025 et 4 % en 2024. De plus, une diminution de 2,2 % de l'emploi est également constatée. Si les aides gouvernementales pour le GNR ont été bien accueillies, la CAPEB préconise une quinzaine de mesures supplémentaires, parmi lesquelles la création d'un observatoire des prix des matériaux est cruciale. L'objectif n'est pas de contrôler les prix, mais d'assurer une transparence, évitant ainsi des hausses déconnectées de la réalité des coûts, comme cela a été le cas après la guerre en Ukraine.
La proposition phare de la CAPEB est la réduction du taux de TVA de 10 % à 5,5 % pour tous les travaux de rénovation. Cette mesure vise à rendre les projets plus abordables pour les ménages et à soutenir les entreprises artisanales, qui frôlent le « burn-out » selon Jean-Christophe Repon. Le syndicat estime qu'une telle décision pourrait générer 2,4 milliards d'euros d'activité supplémentaire et créer entre 10 000 et 11 000 emplois. L'appel est clair : la CAPEB ne recherche pas l'aide pour l'aide, mais l'activité. Elle réclame la même attention pour la rénovation que celle accordée à la promotion immobilière et à la construction neuve.
Pour ce nouveau mandat de trois ans, Jean-Christophe Repon ambitionne de prémunir le secteur du bâtiment contre les turbulences subies entre 2020 et 2026. Parallèlement à sa réélection, la CAPEB a procédé à un renouvellement des deux tiers de son bureau, illustrant une volonté de dynamisme et de renouveau. En outre, l'organisation s'engage à renforcer la prévention, notamment en limitant la sous-traitance à deux rangs. Cette initiative vise à combattre efficacement le travail dissimulé, une problématique dont les tribunaux franciliens traitent actuellement des cas significatifs, marquant une démarche volontariste de la CAPEB pour un secteur plus éthique et réglementé.