La Fédération Française du Bâtiment (FFB) salue les objectifs ambitieux du gouvernement en matière d'électrification de la France, mais alerte sur la nécessité d'une approche méthodique pour leur concrétisation. Le plan, annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, prévoit notamment l'interdiction des chaudières à gaz, y compris les pompes à chaleur hybrides, dans les constructions neuves dès janvier prochain. La FFB reconnaît l'importance de ces mesures pour l'indépendance énergétique et la réduction des émissions de gaz à effet de serre du pays, mais exprime des inquiétudes quant aux défis que pourrait représenter une mise en œuvre précipitée, notamment en termes de modernisation du réseau électrique et d'impact sur les projets de construction en cours.
Le 10 avril dernier, le gouvernement a dévoilé son plan d'électrification, qui a immédiatement engendré des discussions animées au sein du secteur du bâtiment. Après le collectif Rénovons et la CAPEB, c'est au tour de la FFB de se prononcer sur les nouvelles directives gouvernementales. L'une des mesures phares est l'interdiction des chaudières à gaz, y compris celles dotées de pompes à chaleur hybrides (électricité-gaz), dans les nouvelles constructions à partir du 1er janvier. Cette décision vise à renforcer l'indépendance énergétique de la France et à réduire son empreinte carbone, des objectifs que la FFB soutient pleinement.
Cependant, la FFB émet des réserves quant au rythme d'application de ces objectifs. Une électrification massive exige une modernisation significative du réseau électrique, un aspect qui ne semble pas suffisamment pris en compte. L'application trop rapide de ces directives pourrait entraîner l'abandon d'un quart des projets immobiliers actuellement à l'étude. En effet, l'adaptation à une nouvelle source d'énergie comme l'électricité pure implique des surcoûts importants et des délais d'adaptation. La FFB souligne qu'il faut en moyenne douze à dix-huit mois entre la conception initiale et le dépôt du permis de construire, rendant difficile une réorientation rapide des projets existants. De plus, la fédération plaide pour l'étude et l'intégration de pompes à chaleur hybrides fonctionnant au biogaz, comme une alternative viable.
Olivier Salleron, le président de la FFB, insiste sur la nécessité d'un « discours de la méthode » pour accompagner les nouvelles cibles fixées par le Premier ministre. Il rappelle l'objectif de production de 400 000 logements par an et craint qu'une application rigide des nouvelles règles n'aggrave la crise du logement en 2026 et au-delà. Il suggère d'accorder des assouplissements pour les projets déjà en cours et pour les situations où une pompe à chaleur 100 % électrique ne serait pas suffisante. La FFB souligne l'importance d'une transition énergétique bien pensée, qui ne sacrifie pas la faisabilité économique des projets immobiliers et qui tienne compte des réalités techniques du secteur.
La Fédération Française du Bâtiment exhorte le gouvernement à considérer une approche plus nuancée pour atteindre ses objectifs d'électrification. Si l'ambition de décarbonation et d'indépendance énergétique est louable, la méthode de mise en œuvre doit être ajustée pour éviter des conséquences négatives sur la construction et le logement. Un dialogue continu et des mesures de flexibilité sont essentiels pour garantir une transition réussie et durable vers un avenir plus électrique, sans compromettre l'économie du bâtiment ni la capacité à loger la population.